L’hôtel de ville

L’Hôtel de Ville (intérieur)

La Salle des mariages, Salle du Conseil

Rénovée en 1967, elle possède un grand tableau offert par l’Etat à la ville en 1879, inspiré de L’Enfer de Dante par Delacroix et peint par Henri Vluitel. Au-dessus des portes, on trouve des scènes militaires peintes par Wauvermans. Le banc en bois sculpté servant aux mariages a été offert par la ville belge d’Heusden, jumelée avec Hesdin. Une gravure de Brilon, ville allemande également jumelée, se trouve au mur.

La Salle de Musique

Elle possède une monumentale cheminée du XVIème siècle, qui comporte de vieux linteaux en grès aux armes de Robert de Melun, troisième gouverneur de la ville. Elles représentent un écu à sept besants d’or. Des carreaux de terre cuite représentant le lion des Flandres tapissent la face interne de cette cheminée.

La Salle des Tapisseries

Cette salle contient des tapisseries flamandes tissées manuellement en laine de soie, dans le premier quart du XVIIIème siècle, à Bruxelles, dans l’atelier de Jérôme Le Clerc. Achetées par Monsieur de Siougeat en 1779, ces tapisseries, classées monument historique en juillet 1903, font partie d’une série appelée LA MARCHE exprimant l’art de la guerre et représentent des épisodes de la guerre de Flandres : On y retrouve une scène de fourragement, un choc de cavalerie et un convoi de civils et de soldats et officiers dans lequel on peut reconnaître l’électeur Maximilien-Emmanuel de Bavière.

Napoléon 1er

Au-dessus de la cheminée en marbre gris veiné du XVIIIème, garnie d’une plaque de foyer en fonte, se trouve un tableau peint par le peintre arrageois Dominique DONCRE. Il fut acquis en 1809 par la ville lors des fêtes du Couronnement. L’Empereur y apparaît en costume impérial, recevant le plan d’Hesdin. Ce tableau a été classé monument historique en mars 2003.

La salle est également meublée d’une commode du XVIIIème siècle, à plateau de marbre veiné et décorée de travaux de marqueterie, de cinq fauteuils d’époque Louis-Philippe garnis de tissu. Un buste de l’ABBE PREVOST rappelle que l’auteur de MANON LESCAUT a vu le jour à Hesdin en 1697, avant de connaître une vie aventureuse dans bien des domaines, digne de celle de ses héros.

L’Hôtel de Ville (extérieur)

Un peu d’histoire

En 1553, Charles Quint ordonne la destruction de l’ancien Hesdin, cité importante de l’Artois, qui avait connu un prestige considérable grâce aux Comtes d’Artois puis aux Ducs de Bourgogne qui avaient développé, s’inspirant de l’Italie, un immense parc où l’on trouvait des machines extraordinaires, des automates …, lieu de divertissement et de diplomatie.

Cette destruction laissant la porte ouverte aux troupes françaises proches, Charles Quint décide, en 1554, de faire construire une cité nouvelle, à 5 km en aval sur la Canche, sur un territoire de 93 ha appartenant à la seigneurie de Marconne, à l’endroit où sa sœur, Marie de Hongrie, possédait une maison de campagne.

Cette cité sera fortifiée et se nommera Hesdinfort, puis Hesdinfert et enfin Hesdin, ville à la position stratégique à la frontière des vastes et riches Pays-Bas espagnols. C’est en 1639 que, après un siège mémorable, les troupes françaises de Louis XIII et Richelieu s’emparent d’Hesdin qui devient définitivement française en 1659 (Traité des Pyrénées).

Durant les siècles qui suivirent, la vie hesdinoise a été marquée par une importante présence militaire. Place forte jusqu’en 1842, la ville a vu se construire plusieurs casernes et a accueilli de nombreux régiments, officiers et soldats.

Le 23 juillet 1563, Antoine d’Helfaut, 2ème gouverneur, pose la première pierre de la Maison de la Ville. Après la construction des fondations, le projet est mis en sommeil, priorité étant donnée à la paroisse, avant d’être repris par les architectes Dom Ponte del Brya et Lemerre. Pour cela, 6000 briques sont maçonnées par Jehan de Hellin et Josse de Fontaine. En 1575, on commence les superstructures de l’édifice. Cette première partie du bâtiment, située entre l’actuelle rue Henri Catteau et la porte cochère, où passait à l’époque une ruelle, s’écroulera en l’an IX, sera reconstruite en 1818 pour accueillir les boucheries, un dépôt de voirie et maintenant la salle Mendès France.

L’autre partie de l’Hôtel de Ville, à gauche de la porte cochère, date du XVIIème siècle, la Bretèche ayant été édifiée en 1629.

L’extérieur

La façade

Elle est constituée de briques et son soubassement est en grès. Sur les cinq cartouches existant entre les fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage, le sculpteur Meunier avait écrit un verset Ave Maris Stella Dei Mater aujourd’hui disparu.

La partie du XVIème siècle comporte deux blasons : celui de Charles Quint, aigle bicéphale détérioré à la Révolution (il a été retrouvé dans les décombres des fortifications) et les armes du Prince de Ligne, gouverneur d’Artois. Les deux blasons sont entourés du collier de la Toison d’Or, ordre fondé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en 1430.

Au-dessus, une Vierge, qui a échappé aux mains des Révolutionnaires, est placée dans une niche.

La Bretèche

En avant-corps de la façade fut érigé en 1629 un édifice chargé de symboles de style Renaissance appelé Bretèche ou Bertèque, utilisé en art militaire pour dissuader l’ennemi d’entrer dans le bâtiment, ici, en art civil, pour proclamer le cri public (sentences, dispositions administratives, etc…).